Vaucluse (IGP)
| Vaucluse | |
Dans la vallée du Calavon : un des terroirs des vins de Vaucluse. | |
| Type d'appellation(s) | IGP départementale |
|---|---|
| Reconnue depuis | 1968 (VDP) et 2009 (IGP) |
| Pays | |
| Région parente | vignoble de la vallée du Rhône |
| Localisation | Vaucluse |
| Climat | méditerranéen avec influence du mistral |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
2 835 heures (à Carpentras) |
| Cépages dominants | grenache blanc B[note 1], viognier B, bourboulenc B, rolle B, ugni blanc B, chardonnay B, grenache N, cinsault N, mourvèdre N, syrah N, merlot N, cabernet sauvignon N et carignan N |
| Vins produits | rouges, rosés et blancs |
| Production | 100 000 hl |
| Rendement moyen à l'hectare | maximum 100 hl/ha en rouge ou rosé ; 120 en blanc[1] |
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Un vaucluse[note 2], appelé anciennement vin de pays de Vaucluse de 1968 jusqu'en 2009, est un vin français d'indication géographique protégée (le nouveau nom des vins de pays). l'IGP est un signe de qualité à part entière et chaque vin respecte un cahier des charges spécifique ; tous les vins sont agréés après une séance de dégustation. L'IGP peut être complété par les noms d'« Aigues » (vaucluse Aigues) et de « principauté d'Orange » (vaucluse principauté d'Orange).
Histoire
[modifier | modifier le code]Durant la majorité du XXe siècle, la partie de la production viticole du département du Vaucluse qui n'est pas vendue sous une appellation l'était comme « vin de table » (VDT, les actuels VSIG). Pour valoriser un peu ce type de production par une meilleure traçabilité, dans un contexte de mévente de ces vins, les pouvoirs publics ont créé en 1968 le label « vin de pays » (VDP)[2] complété du nom d'un département ou d'une zone, d'où le « vin de pays du Vaucluse ».
Dans le cadre de la réforme de la filière viti-vinicole et de l'harmonisation européenne, les vins de pays changent de nom en 2009 pour devenir des indications géographiques protégées (IGP)[3] et dépendent désormais pour leur contrôle de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)[4] ; le vin de pays du Vaucluse devient donc le l'IGP « Vaucluse »[5]. Le cahier des charges est publié en (rendement maximum à 120 hl/ha, nom complémentaire « Aigues » ou « Principauté d'Orange »)[6], puis modifié en (ajout du chapitre « Lien causal entre la spécificité de la zone géographique et la spécificité du produit »)[7], en (autorisation de 16 VIFA)[8] et en [1].
Vignoble
[modifier | modifier le code]Aire de production
[modifier | modifier le code]| Image externe | |
| Carte des communes concernées | |
Cette IGP peut être produite sur toutes les communes du département du Vaucluse.
Le nom complémentaire « Aigues » concerne les communes suivantes : Ansouis, Apt, Auribeau, Bastide des Jourdan, Bastidonne, Beaumettes, Beaumont-de-Pertuis, Bonnieux, Buoux, Cabrières-d'Aigues, Cabrières-d'Avignon, Cadenet, Caseneuve, Castellet en Luberon, Cavaillon, Cheval-Blanc, Cucuron, Gargas, Gignac, Gordes, Goult, Grambois, Isle-sur-la-Sorgue, Joucas, Lacoste, Lagarde-d'Apt, Lagnes, Lauris, Lioux, Lourmarin, Maubec, Ménerbes, Mérindol, Mirabeau, Motte d'Aigues - Murs, Oppède, Pertuis, Peypin-d'Aigues, Puget, Puyvert, Robion, Roussillon, Rustrel, Saignon, Saint-Martin-de-Castillon, Saint-Martin-de-la-Brasque, Saint-Pantaléon, Saint-Saturnin-lès-Apt, Sannes, Saumane-de-Vaucluse, Sivergues, Taillades, Tour-d'Aigues, Vaugines, Viens, Villars, Villelaure et Vitrolles en Luberon.
Le nom complémentaire « Principauté d’Orange » concerne : Bollène, Buisson, Caderousse, Cairanne, Camaret-sur-Aigues, Chateauneuf-du-Pape, Courthézon, Crestet, Entrechaux, Faucon, Grillon, Jonquières, Lagarde-Paréol, Lamotte-du-Rhône, Lapalud, Mondragon, Mornas, Orange, Piolenc, Puyméras, Rasteau, Richerenches, Roaix, Sablet, Saint- Marcellin-lès-Vaison, Saint-Romain-en-Viennois, Sainte-Cécile-les-Vignes, Séguret, Sérignan-du-Comtat, Travaillan, Uchaux, Vaison-la-Romaine, Valréas, Villedieu, Violès et Visan[1].
Le vin de pays de Vaucluse labellisait[Quand ?] environ 100 000 hectolitres par an. Principauté d'Orange et Pays d'Aigues[9] sont des mentions territoriales de l'IGP Vaucluse et représentent environ 15 % des volumes.
Climatologie
[modifier | modifier le code]Encépagement
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Le cahier des charges de cette IGP autorise 242 cépages différents : abondant B[note 1], abouriou N, aléatico N, alicante Henri Bouschet N, aligoté B, alphonse-lavallée N, altesse B, aramon blanc B, aramon gris G, aramon N, aranel B, arbane B, arinarnoa N, arriloba B, arrouya N, arrufiac B, artaban N, assyrtiko B, aubin B, aubin vert B, aubun N, auxerrois B, bachet N, barbaroux Rs, baroque B, béclan N, béquignol N, biancu gentile B, blanc dame B, bouchalès N, bouillet N, bouquettraube B, bourboulenc B, bouteillan B, brachet N, brun argenté N, brun fourca N, cabernet blanc B, cabernet cortis N, cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, caladoc N, calitor N, camaralet de Lasseube B, carcajolo blanc B, carcajolo N, cardinal Rg, carignan blanc B, carignan N, carmenère N, castets N, césar N, chardonnay B, chasan B, chasselas B, chasselas rose Rs, chatus N, chenanson N, chenin B, cinsaut N, clairette B, clairette rose Rs, clarin B, claverie B, codivarta B, couston N, colombard B, corbeau N, cot N, counoise N, courbu B, courbu noir N, crouchen B, danlas B, duras N, durif N, egiodola N, ekigaïna N, elbling B, etraire de la Dui N, fer N, feunate N, floréal B, folignan B, folle-blanche B, franc noir de Haute-Saône N, fuella nera N, furmint B, gamaret N, gamay N, gamay de Bouze N, gamay de Chaudenay N, gamay fréaux N, ganson N, gascon N, genovèse B, gewurztraminer Rs, goldriesling B, gouget N, graisse B, gramon N, grassen N, grenache blanc B, grenache gris G, grenache N, gringet B, grolleau gris G, grolleau N, gros manseng B, gros vert B, jacquère B, joubertin N, jurançon blanc B, jurançon noir N, knipperlé B, lauzet B, len de l'el B, liliorila B, lival N, listan B, lledoner pelut N, macabeu B, mancin N, manseng noir N, marsanne B, marselan N, mauzac B, mauzac rose Rs, mayorquin B, melon B, mérille N, merlot blanc B, merlot N, meslier Saint-François B, meunier N, milgranet N, molette B, mollard N, monarch N, mondeuse blanche B, mondeuse N, monerac N, montils B, morrastel N, mourvaison N, mourvèdre N, mouyssaguès N, müller-thurgau B, muresconu N, muscadelle B, muscardin N, muscaris B, muscat à petits grains B, muscat à petits grains Rg, muscat à petits grains Rs, muscat d'Alexandrie B, muscat cendré B, muscat de Hambourg N, muscat ottonel B, nebbiolo N, négret de Banhars N, négrette N, nielluccio N, noir fleurien N, ondenc B, orbois B, pagadebiti B, pascal B, perdea B, persan N, petit courbu B, petit manseng B, petit meslier B, petit verdot N, picardan B, pineau d'Aunis N, pinot blanc B, pinot gris G, pinot noir N, pinotage N, piquepoul blanc B, piquepoul gris G, piquepoul noir N, plant de Brunel N, plant droit N, portan N, portugais bleu N, poulsard N, précoce Bousquet B, précoce de Malingre B, prior N, prunelard N, raffiat de Moncade B, ribol N, riesling B, riminèse B, rivairenc blanc B, rivairenc gris G, rivairenc N, romorantin B, rosé du Var Rs, roublot B, roussanne B, roussette d'Ayze B, sacy B, saint côme B, saint-macaire N, saint-pierre doré B, sauvignon B, sauvignon gris G, savagnin blanc B, savagnin rose Rs, sciaccarello N, segalin N, select B, semebat N, sémillon B, servanin N, soreli B, souvignier gris G, sylvaner B, syrah N, tannat N, tempranillo N, téoulier N, terret blanc B, terret gris G, terret noir N, tibouren N, tourbat B, tressot N, trousseau N, ugni blanc B, valdiguié N, velteliner rouge précoce Rs, verdejo B, verdesse B, vermentino B, vidoc N, viognier B, voltis B et xinomavro N[1].
Dans la pratique, l'encépagement est assez hétérogène avec une dominante de cépages régionaux tels que grenache, syrah, cinsault et mourvèdre. Les cépages internationaux sont également présents comme le merlot, le chardonnay ou le cabernet sauvignon. Il y a une forte présence de cépages originaux tels que le marselan ou le caladoc.
Vins
[modifier | modifier le code]Le cahier des charges de l'IGP autorise la production de vaucluse rouges, rosés et blancs ; le nom du vin peut être complété par le nom d'un ou plusieurs cépages, par la mention « primeur » ou « nouveau », ainsi que d'une des deux unités géographiques plus petites que sont « Aigues » et « Principauté d'Orange »[1].
Les vins rouges représentent 50 % de la production, les rosés 30 % et les blancs 20 %.
Vinification
[modifier | modifier le code]C'est l'ensemble des opérations nécessaires à la transformation du moût (nom du jus de raisin) et à l'élaboration du vin. Certaines de ces opérations sont nécessaires, telle la fermentation alcoolique, et d'autres permettent d'affiner le profil du vin, tant au niveau aromatique (olfactif) que gustatif (goûts).
Vinification en rouge
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La vinification en rouge consiste à faire un pressurage après que la fermentation a commencé. Pendant toute cette phase, le moût est en contact avec les matières solides de la vendange. Celles-ci sont très riches en tanins, matières colorantes, odorantes, minérales et azotées. Ces substances vont alors se dissoudre plus ou moins dans le moût et se retrouver dans le vin[10].
C'est la cuvaison pendant laquelle les sucres se transforment en alcool (fermentation alcoolique) et le jus se voit enrichi par les composants du moût. Plus la macération est longue, plus la coloration du vin sera intense[10]. Se disolvent également les tanins, leur taux sera aussi fonction du temps de la cuvaison. Plus elle sera longue, plus les vins seront aptes à vieillir. Durant cette phase, se produit une forte élévation de la température. Celle-ci est de plus en plus contrôlée par la technique de maîtrise des températures[11].
Vinification en blanc
[modifier | modifier le code]Dans la vinification en blanc la fermentation se déroule en dehors de tout contact avec les parties solides de la vendange (pépins, peaux du raisin, rafles). Ce qui explique que l'on peut faire indifféremment du blanc à partir de cépages blancs et rouges. C'est le cas du Champagne. Le but de cette vinification est de faire ressortir le maximum des arômes contenus d'abord dans le raisin, ensuite en cours de fermentation, enfin lors du vieillissement[12].
L'extraction du jus et sa séparation des parties solides peuvent être précédés par un éraflage, un foulage et un égouttage, pour passer ensuite au pressurage. Mais ces phases sont évités par nombre de vinificateurs pour éviter l'augmentation des bourbes[12]. Le choix se porte sur une extraction progressive du jus puis un débourbage qui permet d'éliminer toutes particules en suspension. Là aussi, encore plus que pour une vinification en rouge, s'impose la maîtrise des températures lors de la fermentation alcoolique. Elle se déroule entre 18 et 20 °C et dure entre 8 et 30 jours selon le type de vin désiré[13].
Vinification en rosé
[modifier | modifier le code]La vinification en rosé se produit par macération, limitée dans le temps, de cépages à pellicule noire avec possible ajout de cépages blancs. Le vin rosé n'a pas de définition légale. Mais ses techniques de vinification sont très strictes et n'autorisent en rien en Europe le mélange de vin rouge et blanc. Deux principes différents sont utilisés :
- le premier consiste à extraire par écoulement une partie du jus dès l'encuvage lors de la vinification en rouge ; c'est la saignée. C'est le jus qui s'égoutte sous le poids de la vendange - au maximum entre 20 et 25 % - et qui va macérer durant 3 à 24 heures. Cette méthode produit des vins rosés à la robe soutenue, et la quantité potentielle produite dépend de la concentration recherchée pour le vin rouge produit ;
- le second principe est le pressurage direct, qui consiste à extraire le jus en plusieurs fois, au cours de la macération, qui dure quelques heures. Les jus successivement extraits sont progressivement plus chargés en tanins provenant des peaux, et peuvent ensuite être assemblés.Une vendange bien mûre pourra colorer le jus et sa vinification se fait en blanc[13].
La maîtrise des températures est une nécessité, un vin rosé a une robe qui s'apparente à celle d'un vin rouge très clair, plus le fruit et la fraîcheur des vins blancs[14].
- Vin de pays de Vaucluse rouge.
- Vin de pays de Vaucluse blanc.
- Vin de pays de Vaucluse rouge (merlot).
Producteurs
[modifier | modifier le code]Ils se trouvent répartis sur l'ensemble du département, leurs caves sont cependant regroupées en trois zones œnotouristiques, le cœur du Luberon, le pied du Ventoux, le fil du Rhône. Le périmètre de production couvre environ 9 000 hectares. Les producteurs sont répartis en 236 caves particulières, 35 caves coopératives et 7 maisons de négoce. Ils mettent en marché environ 400 000 hectolitres. La majorité est regroupée dans le syndicat des producteurs qui représente les caves produisant, outre l'IGP Vaucluse, l'IGP régionale Méditerranée pour les vins produits sur le département de Vaucluse et les mentions territoriales Vaucluse Principauté d'Orange et Vaucluse Aigues[15].
Ce vin est essentiellement commercialisé sur le lieu de production (domaines, caves et caveaux) et dans le secteur GMS (grandes et moyennes surfaces). Il en est exporté 10 %[9].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- 1 2 Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
- ↑ Le nom du lieu devient ici le nom du produit, par antonomase : c'est un nom commun, il s'écrit donc avec une minuscule, cf. références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine. Sauf que le cahier des charges rajoute une majuscule au nom du vin, pour le différencier d'un nom générique, principe repris sur les étiquettes et les déclarations.
Références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 5 « Cahier des charges de l'indication géographique protégée « VAUCLUSE » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
- ↑ « Décret modifié n° 68-807 du 13 septembre 1968 abrogeant des dispositions législatives relatives au vin », publié au JORF du .
- ↑ « Règlement (CE) n° 479/2008 du Conseil du 29 avril 2008 portant organisation commune du marché vitivinicole », publié au Journal officiel de l'Union européenne du .
- ↑ INAO, « La réforme des vins de pays » [PDF], , p. 5.
- ↑ « Liste des noms d'unités géographiques plus petites que l'État membre visées à l'article 51 du règlement (CE) n° 1493/1999 (vins de table avec indication géographique) », publié au Journal officiel de l'Union européenne C 187 du .
- ↑ « Arrêté du 28 octobre 2011 relatif à l'indication géographique protégée « Vaucluse » », publié au JORF no 0261 du .
- ↑ « Arrêté du 6 juin 2014 portant modification de l'arrêté du 28 octobre 2011 relatif à l'indication géographique protégée « Vaucluse » », publié au JORF no 0136 du .
- ↑ « Cahier des charges de l'indication géographique protégée « VAUCLUSE » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
- 1 2 Vins de pays de France, op. cit., p. 83.
- 1 2 Colette Navarre, op. cit., p. 131.
- ↑ Colette Navarre, op. cit., p. 132.
- 1 2 Jean-Luc Berger, op. cit., p. 76.
- 1 2 Jean-Luc Berger, op. cit., p. 77.
- ↑ Jean-Luc Berger, op. cit., p. 78.
- ↑ Périmètre de production de l'IGP Vaucluse
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Louis Menjucq, président de l'ANIVIT (sous la direction de), Vins de pays de France, Éd. Romain Pages, Saint-Cloud, 1991 (ISBN 2908878151)
- Jean-Luc Berger, Les filières de la vinification, in La vigne et le vin, numéro hors série trimestriel de Science & Vie, no 155, , p. 72-79, (ISSN 0151-0282)
- Colette Navarre, L'œnologie, Éd. J. H. Baillière, (Technique et documentation - Lavoisier), Paris, 1988 (ISBN 2852064316)