Programme Chandrayaan
Le programme Chandrayaan est le premier programme spatial d'exploration du système solaire de l'Agence spatiale indienne (ISRO). Il a pour objectif scientifique l'exploration de la Lune . L'Inde adopte ainsi la même démarche que les principales agences spatiales (hormis l'Agence spatiale européenne) en choisissant la Lune comme cible pour mettre au point les connaissances technologiques nécessaires pour des missions plus ambitieuses vers d'autres planètes.
L'ISRO développe dans le cadre de ce programme des missions de complexité croissante. Chandrayaan-1, qui constitue le premier engin indien à avoir quitté l'orbite terrestre, est un orbiteur qui est lancé en octobre 2008 et qui, après s'être inséré en orbite autour de la Lune, recueille durant deux ans des données sur la Lune. Chandrayaan-2, lancé le 22 juillet 2019, est un demi échec. Le module qui doit déposer un petit astromobile (rover) à la surface de la Lune, est victime d'une défaillance et s'écrase sur le sol. L'orbiteur qui emporte plusieurs instruments était toujours opérationnel début 2026.Chandrayaan-3, lancé le 14 juillet 2023, parvient à se poser en douceur à la surface de la Lune un petit astromobile d'une vingtaine de kilogrammes qui fonctionnera durant une journée lunaire.
Deux autres missions sont programmées. Chandrayaan-4 doit être lancée vers 2028, est une mission très ambitieuse sur le plan technique qui doit ramener deux à trois kilogrammes d'échantillons du sol lunaire prélevés sur un site situé près du pôle sud de la Lune. Si elle y parvenait, l'Inde deviendrait la quatrième nation à avoir réussi cet exploit. LUPEX/Chandrayaan-5 est une mission lunaire développée conjointement par l'agence spatiale japonaise (JAXA) et l'Inde dont l'objectif est de déposer un astromobile nettement plus lourd (300 kg) que celui développé pour la mission Chandrayaan-3 dans la région du pôle de la Lune.
Contexte
[modifier | modifier le code]Pour l'Inde, comme pour les puissances spatiales plus anciennes, l'exploration de la Lune, constitue la première destination de son programme d'exploration du système solaire à l'aide d'engins spatiaux. Une mission lunaire présente moins de difficultés qu'une mission vers des planètes proches comme Mars ou Vénus : la distance réduite (350 000 kilomètres) permet de piloter la sonde spatiale en quasi temps réel (temps de transmission des données d'environ 1 seconde) et l'absence d'atmosphère simplifie le processus d’atterrissage. Les premières études d'une mission spatiale lunaire sont entreprises en 2002. L'agence spatiale indienne, l'ISRO, commence à construire sa première sonde lunaire, baptisée Chandrayaan-1, à compter de 2003[1],[2].
Missions
[modifier | modifier le code]Chandrayaan-1
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Chandrayaan-1 doit se placer en orbite autour de la Lune pour cartographié avec une extrême précision la surface de la Lune (surface visible, cartographie infra-rouge, rayons X). La mission a suscité l'intérêt de la part de la communauté internationale scientifique et certains des instruments scientifiques du bord provienneent de l'Agence spatiale européenne, de la NASA et de Bulgarie. Le réseau indien de communication avec l'espace lointain est créé : une station terrienne équipée de deux antennes paraboliques de 18 mètres et 32 mètres de diamètre est construite à 45 kilomètres de Bangalore pour permettre les communications à grande distance avec la sonde spatiale. Cette première sonde spatiale, d'une masse de 1 380 kg (avec les ergols), est lancée le par une fusée indienne PSLV. Compte tenu de la puissance réduite de ce lanceur, la sonde spatiale est d'abord placée sur une orbite terrestre haute qui est progressivement relevée jusqu'à ce que l'apogée se situe au-delà de l'orbite de la Lune autour de la Terre. La sonde spatiale se place en orbite autour de la Lune le de la même année. Les 11 instruments, fournis pour moitié par la NASA et l'Agence spatiale européenne, collectent un certain nombre de données scientifiques inédites telles que la mesure de signatures spectrales signalant la présence d'eau, l'observation de tubes formées par la lave, la mise en évidence d'un volcanisme récent, etc. Toutefois la mission s'achève de manière prématurée : une panne, qui se produit 9 mois après le lancement, entraîne l'interruption de la mission dont la durée prévue était de 2 ans[1].
Chandrayaan-2
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La mission Chandrayaan-2 est beaucoup plus ambitieuse car elle doit déposer à la surface de la Lune un petit astromobile est programmée initialement en 2013. Pour faire face à la complexité d'une telle mission, l'Inde a fait appel à la Russie avec laquelle elle entretient des liens étroits, à qui est confié le développement l'atterrisseur. Mais l'échec de la sonde spatiale martienne russe Phobos-Grunt entraine un dérapage du planning. Aussi l'agence spatiale indienne décide de poursuivre le développement seule. Le lancement qui avait été prévu initialement en 2016 est repoussé à plusieurs reprises[3]. est handrayaan-2 est finalement lancée le . La sonde spatiale comprend un orbiteur qui doit se placer à environ 100 kilomètres autour de la Lune pour une mission d'une durée d'un an et un atterrisseur qui doit déployer un petit astromobile d'une vingtaine de kilogrammes près du pôle sud. Le 20 août, l'orbiteur parvient à se placer autour de la Lune mais l'atterrisseur subit une défaillance lors de sa tentative d'atterrissage en douceur à la surface de l'astre (). Néanmoins l'orbiteur mène à bien sa mission en recueillant des données à l'aide des instruments installés à son bord[4].
Chandrayaan-3
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À la suite de l'échec de l'atterrisseur de la mission précédente, l'ISRO annonce en la préparation d'une mission similaire prévue initialement pour 2021. La sonde spatiale Chandrayaan-3 comprend un atterrisseur et un petit astromobile, Pragyan. Elle est lancée le 14 juillet 2023 et se pose le 23 aout à la surface de la Lune, non loin du pôle Sud. L'Inde devient ainsi le quatrième pays à avoir réussi à poser en douceur un engin sur le satellite naturel de la Terre[5].
Chandrayaan-4
[modifier | modifier le code]A la suite du succès de la mission Chandrayaan-3 l'agence spatiale indienne annonce début 2024 le développement de Chandrayaan-4 dont l'objectif est de collecter à l'aide d'une pelle et d'une foreuse 2 à 3 kg d'échantillons du sol lunaire sur le site d'atterrissage situé près du pôle sud de la Lune et de les ramener sur Terre pour les étudier. Son financement est approuvé en septembre 2024[6]. Le lancement est prévu en 2028. L'Inde ne disposant pas d'un lanceur suffisamment puissant, la sonde spatiale est décomposée en deux sous-ensembles qui sont lancés dans l'espace séparément par deux fusées GSLV-Mk III modifiées et qui s'amarrent en orbite. Cette mission de retour d'échantillons repose sur plusieurs technologies qui n'ont jusque là jamais été mises en œuvre par l'Agence spatiale indienne C'est la cas en particulier des opérations de rendez-vous spatial et d'amarrage qui sont mises au point en 2024/2025 dans le cadre de la mission SpaDeX[7].
- Les deux sous-ensembles de la mission Chandrayaan-4
- Schéma du composite 1 comprenant le module de descente (DM) et l'étage de remontée (AM)
- Schéma du composite 2 comprenant le module propulsif (PM), le module de transfert (TM) et la capsule ramenant les échantillons de sol sur Terre (RM).
Chandrayaan-5 / LUPEX
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Lunar Polar Exploration, plus généralement désigné par son acronyme LUPEX, ou Chandrayaan-5 est une mission lunaire étudiée conjointement par l'agence spatiale japonaise (JAXA) et l'agence spatiale indienne (ISRO). Son objectif est de déposer un astromobile nettement plus lourd que celui développé pour la mission Chandrayaan-3 dans la région du pôle de la Lune. Cet engin a pour objectif de déterminer la quantité d'eau présente aux pôles, sa distribution et contribuer à élucider les mécanismes de stockage de celle-ci. L'astromobile de 350 kilogrammes dispose d'une foreuse permettant de collecter des carottes du régolithe lunaire jusqu'à une profondeur de 1,5 mètre et d'une série d'instruments permettant de détecter les concentrations de glace d'eau et d'analyser les échantillons de sol prélevés. Si le projet est implémenté, il est prévu que LUPEX soit lancé vers 2028-2029 par la nouvelle fusée japonaise H3. La mission à la surface de la Lune doit durer au moins 3,5 mois[8].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 (en) « Chandrayaan-2 », sur EO Portal, Agence spatiale européenne,
- ↑ (en) Brian Harvey, Henk H F Smid et Theo Pirard, Emerging space powers : The new space programs of Asia, the Middle East ans South America, Springer Praxis, (ISBN 978-1-4419-0873-5), p. 215-219
- ↑ (en) « PRESS RELEASE ON CHANDRAYAAN-2 », ISRO,
- ↑ (en) « Chandrayaan-2 », sur EO Portal, Agence spatiale européenne (consulté le )
- ↑ (en) « Chandrayaan-3 », sur EO Portal, Agence spatiale européenne (consulté le )
- ↑ (en) PIB Delhi, « India goes to Moon again: This time to come back to Earth after landing on the Moon », sur Cabinet du premier ministre,
- ↑ (en) Jatan Mehta, « Chandrayaan 4 will bring unique Moon materials—and maybe a giant scientific leap for India », sur Jatan Space,
- ↑ (en) « Lunar Polar Exploration(LUPEX) », sur JAXA (consulté le )

