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Épidémie de maladie à virus Ebola de 2026

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Épidémie d'Ebolavirus de 2026 dans la province d'Ituri
Nombre de cas rapportés au 2 juin 2026
Maladie
Agent infectieux
Localisation
Date d'arrivée
15 mai 2026
Bilan
Cas confirmés
>867
Morts
>204[1],[2]

En , une épidémie de maladie à virus Ebola est signalée dans la province d'Ituri, en république démocratique du Congo. Des cas importés d'Ituri sont ensuite confirmés dans les provinces congolaises du Nord-Kivu, du Sud-Kivu ainsi qu'à Kampala, la capitale de l'Ouganda.

Elle est causée par l'espèce d'ébolavirus Orthoebolavirus bundibugyoense (virus/souche Bundibugyo).

Deux épidémies d'ébolavirus de Bundibugyo ont déjà été recensées[3] : l'une dans le district de Bundibugyo en Ouganda en 2007 et 2008, d'où il tire son nom, et l'autre en 2012 à Isiro, en république démocratique du Congo[4]. Le taux de létalité du virus est estimé entre 25 et 50 %[5]. Il n'existe aucun vaccin ni médicament homologué contre cette espèce d'ébolavirus[6]. Des vaccins expérimentaux ont été testés sur des macaques[7]. Des experts ont envisagé d'utiliser le vaccin Ervebo, homologué contre l'ébolavirus du Zaïre. Une étude animale suggère une efficacité partielle contre ce virus, mais des inquiétudes subsistent quant à l'efficacité et à l'innocuité d'un vaccin conçu pour une souche virale différente[8].

Le conflit d'Ituri a provoqué une grave crise humanitaire touchant 1,9 million de personnes. Il complique fortement les efforts de recherche des contacts, car les populations sont très mobiles et le personnel soignant est régulièrement la cible d'attaques. En outre, le statut de l'Ituri en tant que plaque tournante commerciale et migratoire accroît considérablement le risque de propagation des maladies dans l'ensemble de la région[9].

Épidémiologie

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Le premier cas suspecté de l'épidémie concernait un homme qui a commencé à présenter des symptômes le et est décédé trois jours plus tard[10]. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a été alertée d'une potentielle épidémie d'Ebola le et a dépêché une équipe d'intervention[11]. Les premiers échantillons testés se sont révélés négatifs pour Ebola, car les tests utilisés ne détectaient que le ébolavirus du Zaïre et non l'ébolavirus de Bundibugyo. Des tests appropriés ont ensuite été utilisés et les premiers cas positifs ont été confirmés le [12].

Les autorités sanitaires de la république démocratique du Congo (RDC) ont publiquement confirmé des centaines de cas de maladie à virus Ebola dans la province de l'Ituri le [11]. Les experts en santé étaient alarmés par le fait que l'épidémie avait progressé au point de compter des centaines de cas suspects dès qu'elle a été signalée pour la première fois. L'épidémiologiste Jennifer Nuzzo (en) a émis l'hypothèse que le retard de détection pourrait être dû aux restrictions budgétaires imposées aux programmes de santé mondiale[12].

La riposte sanitaire est aussi confrontée à la méfiance des populations locales, alimentée par des rumeurs et des interprétations culturelles de la maladie[13],[14]. Dans plusieurs localités, l'épidémie a initialement été perçu comme une « maladie mystique », de la sorcellerie ou le résultat d'un empoisonnement, retardant l'alerte officielle de plusieurs semaines[14],[15],[16].

Le , l'OMS a annoncé huit cas de virus Bundibugyo confirmés en laboratoire en Ituri, dans trois zones de santé de la province, et deux cas confirmés à Kampala, capitale de l'Ouganda[17]. De plus, compte tenu des foyers inhabituels de cas suspects apparus dans plusieurs régions de l'est de la RDC, l'OMS n'a pas été en mesure de déterminer l'étendue géographique de l'épidémie ni le nombre réel d'infections[17].

Les autorités sanitaires ont confirmé le un cas positif à Goma, ville de la province du Nord-Kivu actuellement sous le contrôle du Mouvement du 23 mars, après qu'une femme infectée par l'ébolavirus s'y soit rendue en provenance de l'Ituri[18].

Un groupe d'Ougandais a assisté à un enterrement dans l'est de la RDC, puis est rentré en Ouganda. Certains ont développé des symptômes d'Ebola et ont été transférés à Fort Portal pour y être soignés[19].

Le , Peter Stafford, un médecin américain travaillant en RDC comme missionnaire chrétien, a été testé positif au virus ; sa femme et ses enfants ont alors été placés sous surveillance, mais ne présentaient aucun symptôme à ce moment-là[20].

Le , l'OMS est, pour l'instant, incapable de retracer précisément l'apparition des premiers cas. Le premier malade connu est un soignant mort à Bunia, la capitale de l’Ituri, dans le nord-est du pays, entre le 24 et le 27 avril. Mais elle soupçonne que l’épidémie a commencé des semaines, voire des mois, auparavant et annonce 139 morts pour près de 600 cas probables liés au virus[21].

Le , les autorités sanitaires annoncent que dix pays africains risquent d’être touchés par le virus Ebola, en plus de la République démocratique du Congo, épicentre de l’épidémie, et de l’Ouganda qui recense un mort[2].

Le 24 juin, un médecin français est diagnostiqué positif. Il revenait de la RDC et a déclenché les premiers symptôme lors du vol retour. C'est le premier cas d'Ebola diagnostiqué sur le territoire français depuis la découverte du virus[22]. Il est placé en isolement ; sa charge virale est faible. Cinq passagers de l'avion sont cas contacts. Ils devront rester chez eux avec un suivi médical pendant 21 jours, durée d’incubation de la maladie[23].

Le Haut-Uélé est la quatrième province touchée par la maladie, après l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu[24].

Statistiques actualisées au 25 mai 2026
Pays Cas suspectés Cas confirmés Source
Cas Décès Cas Décès
République démocratique du Congo 906 223 105 10 [25]
Ouganda 0 0 7 1 [26]
France 0 0 1 0 [22]
Total 906 223 112 11 [25]

Le , l'Organisation mondiale de la santé déclare une « urgence de santé publique de portée internationale » relative à cette épidémie[27].

Le , les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), déclarent l'épidémie « urgence de santé publique de sécurité continentale », permettant une coordination à l'échelle du continent[28],[29].

Parallèlement, les autorités sanitaires de la république démocratique du Congo (RDC) mettent en place des hôpitaux de campagne à Bunia, capitale de l'Ituri, face à la saturation des établissements hospitaliers de la ville. Elles s'efforcent également d'acheminer des fournitures dans la région[30].

Le même jour, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies annonce l'envoi d'experts dans la région pour contribuer à la riposte contre l'épidémie[31].

Références

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  1. https://sante.lefigaro.fr/ebola-en-rdc-131-deces-estimes-et-513-cas-suspects-le-chef-de-l-oms-se-dit-profondement-preoccupe-par-l-ampleur-et-la-rapidite-de-l-epidemie-20260519
  2. 1 2 https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/05/24/ebola-avec-plus-de-200-morts-suspectes-en-rdc-l-epidemie-s-etend-et-menace-d-autres-pays_6692953_3212.html
  3. (en) Jens H. Kuhn, Stephan Becker, Hideki Ebihara, Thomas W. Geisbert, Karl M. Johnson, Yoshihiro Kawaoka, W. Ian Lipkin, Ana I. Negredo, Sergey V. Netesov, Stuart T. Nichol, Gustavo Palacios, Clarence J. Peters, Antonio Tenorio, Viktor E. Volchkov et Peter B. Jahrling, « Proposal for a revised taxonomy of the family Filoviridae: classification, names of taxa and viruses, and virus abbreviations », Archives of Virology, vol. 155, no 12, , p. 2083–2103 (ISSN 1432-8798, DOI 10.1007/s00705-010-0814-x, lire en ligne)
  4. (en) Rebecca Thomas, « What we know about latest Ebola outbreak and rare Bundibugyo strain », sur The Independent, (consulté le )
  5. (en-US) « Ebola Disease: Current Situation » [archive du ], sur CDC, (consulté le )
  6. (en) Sydney Lupkin, « A new Ebola outbreak has already killed 87 people in Democratic Republic of Congo », NPR, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  7. (en) Chad E. Mire, Joan B. Geisbert, Andrea Marzi, Krystle N. Agans, Heinz Feldmann et Thomas W. Geisbert, « Vesicular Stomatitis Virus-Based Vaccines Protect Nonhuman Primates against Bundibugyo ebolavirus », PLOS Neglected Tropical Diseases, vol. 7, no 12, , e2600 (ISSN 1935-2735, PMID 24367715, PMCID 3868506, DOI 10.1371/journal.pntd.0002600 Accès libre)
  8. (en-US) Helen Branswell, « With no approved vaccine for Ebola outbreak, experts weigh testing a long shot », sur STAT, (consulté le )
  9. (en) « Ebola disease caused by Bundibugyo virus, Democratic Republic of the Congo & Uganda », sur World Health Organization, (consulté le )
  10. Chinedu Asadu et Saleh Mwanamilongo, « WHO declares global health emergency over Ebola outbreak in Congo and Uganda », Associated Press, (lire en ligne, consulté le )
  11. 1 2 « Congo confirms new Ebola outbreak, 80 deaths », Reuters, (lire en ligne, consulté le )
  12. 1 2 (en-US) Matthew Mpoke Bigg et Apoorva Mandavilli, « Large Ebola Outbreak Is Declared in Congo », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  13. « RDC : la désinformation aggrave l’épidémie d’Ebola en Ituri » Accès libre, sur Deutsche Welle, (consulté le )
  14. 1 2 « Ebola en RDC: pourquoi le diagnostic a traîné durant un mois » Accès libre, sur Radio France Internationale, (consulté le )
  15. « Note d’analyse sur l’évolution récente Épidémie d'Ebola en RDC - Mai 2026 - Democratic Republic of the Congo | ReliefWeb » Accès libre, sur ReliefWeb, (consulté le )
  16. « Ebola en RDC: "au début les gens ont cru à de la sorcellerie" » Accès libre, sur TV5 Monde, (consulté le )
  17. 1 2 « L’épidémie de maladie d’Ebola due au virus Bundibugyo en Ouganda et en République démocratique du Congo constitue une urgence de santé publique de portée internationale » Accès libre, sur Organisation mondiale de la santé, (consulté le )
  18. (en) « WHO declares Ebola outbreak in DR Congo, Uganda a global health emergency », sur Al Jazeera, (consulté le )
  19. Erikas Mwisi, « Health workers race to contain Congo's fast-spreading Ebola outbreak », sur Reuters, (consulté le )
  20. (en) Erikas Mwisi, Helen Regan et Brenda Goodman, « American infected with Ebola in DRC, as US moves to limit entry from virus-hit region », sur CNN, (consulté le )
  21. https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/05/22/ebola-quel-est-le-risque-de-propagation-du-virus-au-dela-de-la-rdc_6692119_3244.html
  22. 1 2 « Un premier cas d’Ebola identifié en France » Accès libre, (consulté le )
  23. https://www.liberation.fr/societe/sante/ebola-un-premier-cas-identifie-en-france-chez-un-medecin-de-retour-de-rdc-20260624_K46A4NVLABA2JIQQ6TTFGBSRCE/
  24. « En RDC, l’épidémie de maladie à virus Ebola s’étend dans tout le nord-est du pays avec une quatrième province affectée », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  25. 1 2 (en-US) Carlos Robles, « Ebola outbreak in Congo and Uganda reaches more than 1,000 cases », sur BNO News, (consulté le )
  26. « Uganda confirms two more Ebola cases, taking total to seven », sur Reuters (consulté le )
  27. (en) « Epidemic of Ebola Disease caused by Bundibugyo virus in the Democratic Republic of the Congo and Uganda determined a public health emergency of international concern », sur www.who.int (consulté le )
  28. (en) Helen Regan, Brenda Goodman et Erikas Mwisi, « American infected with Ebola in DRC, as US moves to limit entry from virus-hit region » Accès libre, sur CNN, (consulté le )
  29. « Africa CDC déclare l’épidémie en cours d’Ebola de souche Bundibugyo comme une Urgence de Santé Publique de Sécurité Continentale » Accès libre, sur Africa CDC, (consulté le )
  30. (en-GB) Emily Atkinson et Tinshui Yeung, « WHO to give update on hantavirus and Ebola after outbreaks » Accès libre, sur BBC News (consulté le )
  31. (en) « ECDC activates the EU Health Task Force, deploying experts to support Ebola outbreak response » Accès libre, sur www.ecdc.europa.eu, (consulté le )

Articles connexes

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